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Leïla en vert et contre tout: Tailor Cut

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Antoine Laurent de Lavoisier, recyclant lui-même les propos d’Anaxagore de Clazomènes, ne pensait sûrement pas que, deux siècles plus tard, sa célèbre maxime deviendrait le slogan d’une génération de petites mains vertes. Freitag et ses sacs en bâche de camion, Harricana (dont je vous parlais il y a quelques jours) et ses fourrures ressuscitées ou encore Romain Jerome et ses fragments de Titanic qui donnent l’heure, la récup’ est partout. Une tendance que chacun se réjouira de voir réinstrumentalisée par les mastodontes de l’industrie, dans l’espoir utopique d’une planète sauvée du chaos climatique… Faut-il encore que la démarche soit intelligente et que l’énergie grise investie dans l’opération ne soit pas elle-même catalyseur d’apocalypse. Mais ça c’est une autre histoire. Parce que chaque geste compte et qu’il n’est pas indispensable d’avoir un rendement fulgurant lorsqu’on travaille avec le cœur, je vais vous présenter mon greencrush du moment : Tailor Cut.

Tailor Cut, c’est avant tout Michel. Un grand gaillard de 31 ans, passionné de nature et de voyages, une bouille à faire damner une nonne et une véritable âme de bricoleur. Elevé par ses parents Margreth et Werner sur le domaine de l’Abbaye de Salaz (en Suisse)  avec ses frères et ses cousins, Michel a eu une enfance heureuse, où cabanes en bois et trempettes dans la rivière réjouissaient les vignes, sous l’œil bienveillant du Grand Muveran (Photo Vincent Veillon). Puis, arrive l’adolescence et l’envie de découvrir le monde et d’autres horizons, plus urbains. C’est aussi à cette époque que Michel tombe en amour avec le skate, un amour véritable et sans concession qui le conduira, après ses classes, à rejoindre une entreprise de distribution de skates et de snowboards. En marge de son activité, Michel se  découvre un intérêt pour l’univers du graphisme… qui finira par le débaucher et l’occuper pendant de nombreuses années.

 Il y a 2 ans, Michel rejoint sa famille pour travailler sur le domaine : « on s’occupe des vignes et on fait du vin! » m’explique-t-il. (Pour avoir eu le plaisir d’y goûter, je peux vous dire qu’ils le font plutôt bien !) Mais ne pouvant se résoudre à remiser sa créativité, le jeune homme décide d’investir la grange pendant que le raisin fermente et d’y restaurer de vieux skates sauvés de la décharge. Avec passion et dextérité, Michel ponce, découpe et soigne le bois. Dans un esprit brut et authentique, naissent alors des planches à mi-chemin entre art et artisanat, où chaque pièce est numérotée. Tailor Cut, c’est aussi une multitude de petites choses précieuses élaborées selon les trouvailles du jour. Cuirs, jeans, plumes ou bâtons, tout est source d’inspiration. Amulettes mystiques ou couteaux en corne, plus que de simples objets, ce sont de petits morceaux de l’univers de Michel, à découvrir en partie et en images dans ce petit film réalisé par le collectif 24pictures.      –  Leïla Rölli 

[vimeo http://vimeo.com/32666073 w=640&h=420]

Écrit par Leïla

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