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Le mercredi de Coralie: L’interview d’Agnès Boudry, créatrice de Collection 66

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de pouvoir rencontrer la styliste lausannoise Agnès Boudry qui m’a fait découvrir, avec beaucoup de passion et une touche de magie, son label de mode suisse Collection 66. Créée en 2000, la marque a séduit rapidement plusieurs boutiques de prêt à porter à Lausanne, Genève et Zurich en se trouvant dans les rayons aux côtés de grands noms tels que Dries van Noten, Isabelle Marant et Cacharel. En 2002, c’est au pays du soleil levant que la créatrice s’évade. Les acheteurs japonais de H.P. France Mican de Tokyo sont conquis par l’équilibre entre fantaisie et rigueur de Collection 66 et lui accordent leur confiance, ce qui permet à la marque de bénéficier de nouvelles références internationales. Cinq ans plus tard, Agnès Boudry ouvre son premier atelier-boutique Collection 66 à Lausanne. Un laboratoire d’idées, où une sérénité se mêle à l’effervescence créatrice. Un accord parfait et enivrant dont Agnès prétendra ne pas connaître le secret. Aujourd’hui, le travail d’Agnès est présent dans le concept store La Boutique de San Francisco ainsi qu’au salon Atmosphere’s de Paris. Collection 66 possède un univers bien particulier, emprunt d’une élégance très années 40 mêlée au psychédélisme des années 70. La marque s’inspire des mouvements artistiques et sociaux du XXème siècle et voyage entre quartiers chics, marchés vintage et sous-bois polychromes. En parcourant les différentes collections, je remarque tout de suite que les imprimés font partie intégrante de l’identité de la marque. Les pièces sont reconnaissables au premier coup d’œil grâce à leurs couleurs et motifs flashy.  Le célèbre tissu liberty fait office d’incontournable et propose des imprimés toujours en phase avec l’air du temps. Voici mon entretien avec Agnès Boudry (photo ci-dessus).

Coralie B. : En quelques mots, pouvez-vous me décrire Collection 66? Agnès Boudry: Un label de prêt-à-porter exclusif, qui voyage depuis plus de 10 ans entre forêts magiques, jardins botaniques et quartiers citadins, où les rêves se mêlent de nostalgie.

Où puisez-vous votre inspiration? Je m’inspire des mouvements artistiques du XXème siècle, des vêtements vintage devenus des classiques. Du cinéma parfois ou de la musique, mais l’inspiration vient spontanément.

A-il été difficile pour vous de faire votre place entant que styliste en Suisse? Oui c’est difficile de faire sa place comme styliste. Il n’y a pas de grande maison de couture suisse qui aurait marqué l’inconscient collectif. Donc peu de soutien des institutions. Je pense que c’est le temps qui m’a aidé à donner confiance aux acheteurs.

Pourquoi êtes-vous restée en Suisse pour créer votre marque au lieu d’aller dans une grande capitale? Après avoir vécu à Paris et à New York, je suis revenue en Suisse, je suis attachée à mes origines et je ne voulais pas vivre dans une très grande ville. Vivre en suisse a des avantages et des désavantages pour créer sa marque. 

 Vous avez réussi à conquérir le Japon et les Etats-Unis avec Collection 66. Selon vous, qu’est ce qui a séduit la clientèle japonaise? Les japonais consomment beaucoup de mode et adorent s’habiller. Ils aiment les patchworks d’imprimés et les robes liberty. L’équilibre entre fantaisie et rigueur des pièces de Collection 66 correspond aux codes culturels de la nouvelle génération.

Y’a-t-il des grands couturiers que vous admirez tout particulièrement? Rei Kawakubo, Miuccia Prada, Consuelo Castiglioni et Coco Chanel.

Quelle image de la femme souhaitez-vous mettre en avant avec vos collections? Une femme romantique.

Parlez-moi de votre nouvelle collection SS 2012. L’été 2012 est vu à travers un kaléidoscope. Il agite les formes, les couleurs et crée des imprimés hypnotiques  qu’on a décliné en robes tops et jupes. Et pour  assortir ou désassortir aux vêtements, la nouveauté c’est une ligne de sac imprimé kaléidoscope et cuir.

Des sacs, des bijoux et des vêtements… quel est votre prochain défi? Pas de nouveau défi, mais j’aimerais pouvoir davantage développer les accessoires et la maille. 

Un pertinent questionnaire selon JSBG:

  • Quel est votre plus grand vice? J’hésite entre Facebook et le vin rouge.
  • Qu’est-ce qui vous fait peur? Les gros insectes.
  • Vivre au 21ème siècle: plus facile ou plus difficile qu’avant? Je pense qu’au 21ème siècle, on vit dans un monde fantastique, plus facile évidemment mais qui nous confronte à des nouveaux grands défis, comme l’écologie.
  • Vous êtes plutôt Facebook ou Twitter? Facebook.
  • Qu’est-ce que vos parents vous ont légué de plus précieux? Beaucoup d’amour et de liberté.
  • Quelle serait la bande-son de votre vie? Un opéra baroque, un tube des Beatles, Pulp et Gainsbourg.
  • À quel moment précis avez-vous pris conscience de votre succès? Je n’en ai pas encore pris conscience.
  • Où vous voyez-vous dans 10 ans? Dix ans ça passe vite, mais j’ai du mal à voir si loin.

Merci Agnès.                    – Coralie B

Écrit par Coralie

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