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Les délicieuses notes musicales de mln: Une nuit en musique à Lisbonne

Qu’il soit mainstream ou phénomène de niche, un courant musical placé dans son contexte géographique et culturel est instantanément plus palpable, explicable. Suite à ce constat et ayant fait un tour à Lisbonne il y a quelques semaines, je vous propose d’y passer une soirée utopique, une virée imaginaire au rythme des différentes musiques qui habitent ses rues et peuplent ses collines!

23h – Les lisboètes soupent (dînent pour nos voisins français) relativement tard. On peut alors entendre des airs de fado s’échapper des Casas de Fado, ces caveaux à concerts où des chanteuses plus ou moins connues se produisent chaque soir. Le fado s’est imposé au fil des générations comme étant l’hymne du Portugal et il y résonne comme une plainte mélancolique mais chaleureuse, dans un pays qui souffre de sa situation économique actuelle…

Minuit – Pour poursuivre la soirée de façon plus festive, on se dirige ensuite vers les très nombreux bars du quartier du Bairro Alto. Certains sont juste assez grands pour abriter un bar à shots mais vous trouverez à coup sûr un dj ou un concert dans les plus spacieux. Notamment au Bicaense Bar (Rua da Bica Duarte Belo, 38) qui se trouve dans une très jolie rue extrêmement pentue mais traversée par un funiculaire old-school comme on en trouve dans de nombreux endroits de la ville. Ce bar est une véritable institution à Lisbonne. Les djs qui y officient enchaînent habilement et à tour de bras des morceaux de rock’n roll, de funk, etc. pendant qu’une vidéo émouvante retraçant de manière accélérée tout l’historique de la musique depuis le jazz jusqu’à la disco est simultanément projetée au mur.

2h – À 2 heures tapantes, les bars ferment les uns après les autres et c’est alors des centaines de couche-tard qui descendent la colline comme une longue procession pour aller clubber dans des entrepôts ré-emmenagés en clubs au bord du Tage, le fleuve qui longe la ville. On appelle ce quartier les Docas. Le club le plus réputé y est le LuxFragil (photo ci-dessus). Il tient son nom du bar mythique du Bairro Alto, le Fragil, qu’a ouvert son actuel gérant il y a 30 ans et qui existe toujours! De ses étages s’échappent des sonorités principalement électroniques. Le Kuduro, cette musique qui se danse, très rythmée et exotique, a également sa place au premier, aux côtés de têtes d’affiches électro à faire pâlir Ibiza. Logique, car c’est le groupe lisboète Buraka Som Sistema (qui tient son nom du quartier « ghetto » de la banlieue de Lisbonne la Buraca, en photo ci-dessous) qui est à l’origine de la popularité internationale que rencontre actuellement ce courant musical. Il y a en fait de plus en plus de groupes portugais qui ont repris ce style, angolais d’origine, et qui connaissent maintenant un gros succès au niveau international. Mais revenons à nos moutons. Au rez-de chaussée, un dj à priori inconnu parvient à retourner la salle avec des morceaux extrêmement lents et sombres, limite inquiétants pour les novices. Complètement sous le charme, c’est à peu près là, à cet endroit précis, que se termina mon séjour à Lisbonne.

6h30 – Fatiguée mais ravie (comprendre ivre mais euphorique), je me fais la réflexion suivante après avoir avalé quelques croquettes de poisson: bien que le Portugal soit plus connu pour ses 365 façons de cuisiner la morue que pour sa musique, il y règne une culture musicale riche et variée, qui gagne à être connue…en bref, Barcelone et Berlin c’est fini, vive Lisbonne!

Bonne écoute.                    – mln 

Écrit par mln

Citations…

The Invisible “Protection”