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Leïla en vert et contre tout: Mobee, The End Of Everything?

Je vous en parlais dans mon dernier article, les abeilles sont en danger et boire du jus de fruits ético-écolo n’y changera pas grand chose. Depuis près de 40 ans, ces petites bêtes se fragilisent et leur nombre ne cesse de décroitre. Au jour d’aujourd’hui, les causes du syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ne sont toujours pas clairement définies et il semblerait que ce désastre soit finalement le résultat d’une synergie entre divers éléments. Certaines sont évidentes – pesticides, fongicides, pollution, parasites ou virus – d’autres plus mystiques – ondes émises par les sociétés modernes ou châtiment divin. Pour ceux que cela intéresse, voici un reportage bien ficelé qui explore quelques pistes :

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=XgB1DiuGLKU]

Les chiffres énoncés sont alarmants :

  • « En France, depuis 1995, près de 30% des colonies disparaissent chaque année. En 10 ans, 15’000 apiculteurs ont cessé leur activité. »
  • « En Irak, suite à la Guerre du Golf, 90% des abeilles ont disparu. »
  • « Aux USA, depuis la fin de l’automne 2006, les pertes enregistrées avoisinent les 60 % sur la côte ouest et 90 % dans certains états de l’est et du sud. Selon les dernières estimations, ce sont près de 1,5 million de colonies qui seraient mortes aux États-Unis sur 27 États touchés. Le nombre de ruches était de 6 millions en 1947, de 2,4 millions en 2005. »
  • « En Allemagne, 25 % des colonies auraient été décimées mais certains apiculteurs rapportent jusqu’à 80 % de pertes dans leur rucher. »
  • « En Suisse, certaines régions déplorent la perte de 80 % des colonies. Les pertes nationales seraient de l’ordre de 30 %. Il y avait 45 000 apiculteurs en Suisse en 1900. Il n’en reste que 19 000 et ce chiffre continue de baisser. Durant l’entre-deux-guerres, il y avait 350 000 ruches. Il en reste aujourd’hui 190 000. »

Si le phénomène inquiète les scientifiques, c’est qu’il est étroitement lié à la survie de l’homme. On aurait prêté des mots à Einstein qui ne donnait que 4 ans à l’humanité suite à la disparition des abeilles. Comme le disait ma grand-mère (R.I.P. Mamy), chaque espèce, chaque être a son utilité et son rôle à jouer – quoiqu’en voyant certains de nos politiciens, je ne peux que remettre ses propos en question. Sans abeilles, pas de pollinisation, donc disparition de certaines espèces végétales, puis disparition d’autres espèces animales et cætera, et cætera. Heureusement depuis quelques années, ça bouge un peu du côté des causes chimiques. Ainsi Bayer, Syngenta (alliée à Dupont) ou encore BASF (alliée à Monsanto), quelques une de ces compagnies qui font fuir les oiseaux et déchanter les abeilles, se voient sommées de retirer certains de leurs produits jugés néfastes pour la santé des ruches, mais également pour celle de l’homme. Cependant, les procédures judiciaires sont longues et les adversaires féroces.

En attendant, que faire ? À l’instar des jus de fruits « Innocent », d’Andrew Coté (photo ci-dessus), fondateur de l’association des apiculteurs de New York City, ou encore de la maison Louis Vuitton et son siège parisien dont JSBG vous avait déjà parlé ici, Orange, la compagnie de téléphonie mobile, se met à l’apiculture citadine et lance le projet « Let it bee ». La firme a sélectionné vingt de ses immeubles sur territoire français pour y loger les précieux insectes bourdonnants. À raison de trois ruches par toit, ce sont environ 100’000 abeilles qui élisent domicile sur chaque immeuble et qui seront soignées par un salarié apiculteur ou un adhérant de la SNA. L’idée la plus farfelue, mais non moins sérieuse, nous vient, vous l’aurez deviné, des Amériques. Avec les « Erin Brockowitches » et autres activistes, aux USA ce sont les sociétés agroalimentaires et chimiques qui sont en danger. Ainsi l’Université d’Harvard planche sur un système qui vise à préserver les lobbies et leur commerce tout en s’assurant un taux de pollinisation record. La solution, je vous le donne en mille, ce sont des abeilles robotisées. Pas plus gros qu’une pièce de monnaie, le drone prénommé « Mobee » sera capable de procéder à la pollinisation de nos cultures tout en les surveillant. Recevant 10 millions de dollars sur 5 ans pour son développement, le projet intéresse également l’armée (tiens, tiens…) qui pourrait l’utiliser dans la surveillance et la localisation de personne. Sarah Connor? En attendant que les Terbeenators envahissent nos jardins et que le miel artificiel s’invite sur nos tartines, n’hésitez pas à fleurir balcons et fenêtres pour le bonheur de nos abeilles des villes.                     –  Leïla Rölli 

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Écrit par Leïla

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