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Leïla en vert et contre tout: Cow Poop to Cow Power !

Chers JSBGistes, je viens avec une nouvelle qui devrait grandement intéresser la communauté scientifique. Je possède la preuve irréfutable que la maladie d’Alzheimer est une dégénérescence héréditaire. En effet, je constate que, faute de m’avoir transmis ses magnifiques yeux bleus, ma grand-maman ne m’aura laissé qu’une maladie en guise d’héritage génétique. Comment le sais-je? J’ai simplement oublié de vous poster quelques écrits il y a deux semaines et ce n’est que récemment que je m’en suis aperçue. Par précaution, j’ai programmé mon iPhone afin de me rappeler de vous écrire régulièrement. Je vous prie donc de bien vouloir me pardonner pour le précédent oubli et vous fait la promesse solennelle de… on parlait de quoi déjà? Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vous informe que je suis actuellement à Berlin pour deux mois et que le thème abordé aujourd’hui m’a été soufflé par ma nouvelle coloc’ canadienne, Jessica. Merci à elle pour cette suggestion! Vous connaissez sûrement Cat Power, délicieuse chanteuse à la voix suave? Eh bien c’est plutôt de sa copine Cow Power dont il est question ici. Lors d’un article précédant sur la surexploitation du bœuf, j’avais brièvement évoqué la quantité de méthane relâchée dans l’atmosphère par le bétail. Pour rappel, les bovidés sont responsables de 18% des gaz à effet de serre, contre 13,5% pour les transports, tous véhicules confondus.  Alors qu’en Australie on essaie de réduire ces gaz en changeant l’alimentation des vaches, aux Amériques, on préfère en tirer profit. Les entreprises à exploiter le filon sont de plus en plus nombreuses, mais le leitmotiv est le même : fournir de l’électricité intelligente, propre et abordable.  Et il y a de quoi faire ! Une vache adulte produit en moyenne 12 bouses  de 4kg par jour, soit près de 50kg. En 1998, le cheptel mondial était estimé à 1495 millions de bovidés… je vous laisse faire le calcul. En résumé, l’idée est de récolter les bouses de vaches, de les faire fermenter dans un digesteur pour obtenir du méthane qui est ensuite transformé en électricité. Ici, vous pouvez voir la vidéo institutionnelle de Cowpower,  une entreprise canadienne passée maître dans l’art du recyclage de galette des champs:

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=70yo0xvVEQY]

 Autre exemple, celui de la firme GMP (Green Mountain Power) située dans le Vermont.  GMP propose aux agriculteurs d’installer un digesteur sur leur exploitation. Les bouses de vache y sont alors récoltées puis entreposées pendant 21 jours et maintenues à une température de 38°C. On imagine bien que l’environnement du silo n’est pas stérile et que l’endroit grouille de petites bactéries. Selon les principes de la fermentation, ces dernières activent la production de méthane qui est ensuite envoyé dans un moteur à gaz naturel modifié. Le moteur entraîne une génératrice qui produit de l’électricité. Et ce n’est pas tout : la chaleur générée par le processus est réorientée pour conserver la température du digesteur, ce qui, de plus, compense les achats de carburant de la ferme. L’énergie produite est ensuite injectée dans le réseau électrique de GMP qui la distribue à ses clients. Et voilà, le tour est joué! Qu’en est-il des déchets solides restant? Car les boues ne s’évaporent pas. Le fumier digéré est traité par un séparateur mécanique. Les solides, rendus inodores, peuvent être utilisés pour remplacer la sciure de bois ou le sable des litières pour les animaux, comme combustible ou comme engrais. Une étude récente démontre que le « Cow Power » peut potentiellement produire suffisamment d’énergie pour couvrir 3% des besoins des Etats-Unis en énergie. Faute d’avoir trouvé la formule pour transformer le plomb en or, l’être humain aura su changer la mouise en énergie. C’est un peu moins glamour, mais nettement plus utile.               –  Leïla Rölli 

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Écrit par Leïla

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