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Leïla en vert et contre tout: Skate-à-porter

La relation entre un skater et sa planche, c’est un peu comme les amours. Il y a ceux qui gardent leur girl/boyfriend pendant des années et ceux qui changent de crush à la fréquence des vols Rio-Sao Paulo (sans parler des amours multiples et simultanées). Un skate, à moins qu’il ne fasse partie de ceux dont on orne son intérieur, comme la splendide série du shop 242 designée par Maxime Büchi (en photo ci-dessus), on le rudoie, on le tarabuste, on le lime jusqu’au noyau, et parfois, de rage, on l’envoie ricocher sur le macadam. Alors, quand les strates fatiguent jusqu’à rompre ou que l’usage a lassé, les skates finissent souvent aux ordures. Souvent oui, mais pas indubitablement. Le skateboard est une industrie qui pèse plusieurs milliards de dollars. Aux USA, en 2008, on comptait approximativement 13 millions de skaters et 5000 skateshops. Chaque mois, ce sont plus de 250’000 plateaux hors d’usage qui sont récupérés par les shops américains. Un skate contient du bois (souvent de l’érable), mais également différents vernis, glues et additifs, recouvert d’un grip qui en font un combustible plutôt nocif pour l’environnement. Forts de ce constat, plusieurs esprits lumineux se sont interrogés sur les possibilités de recycler les skates.

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On avait déjà vu ensemble le cas de Michel Kropf / Tailor Cut qui, alliant ponçage et passion, redonne vie aux skates qui ressortent sublimés. Mais il est loin d’être le seul à exploiter le créneau. Il y a les esprits oniriques qui les muent en oeuvres d’Art, comme Haroshi, les créatifs qui en font du mobilier (comme ici ou ici)  d’autres qui voient carrément ces cadavres de bois comme du matériel de construction à l’instar de l’entreprise “I Ride I Recycle” qui a opté pour la mosaïque. Parfois, les grands esprits se rencontrent et à deux points bien distincts de la planète, Dave De Witt, skater Sud-Africain et Vuerich B, une marque fondée par deux skaters belges établis à Barcelone ont eu la même et brillante idée: transformer des skates en lunettes de soleil.

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Dans les deux cas, le travail délicat est totalement home made et propose des objets uniques dont les couleurs varient au gré de celles des skates récupérés. Récemment,  sur les bons conseils de Javier Mendizabal, (un autre skater, vous l’aurez deviné) Vuerich B s’est associée à Quiksilver pour produire une série quasi confidentielle de 50 pièces. Chaque paire, qui aura nécessité 5h30 de travail coûte 295€ et est accompagnée d’une photo de la planche dont elle a été faite et d’un descriptif de son ancien propriétaire. En plus d’être ecofriendly, cette série baptisée “The Griffin” prend des dimensions sociales. Oui. Javier Mendizabal, Quik, Vuerich B ont du coeur. De concert, ils ont tenu à ce qu’une partie des bénéfices de cette collection soit reversée à l’ONG “Skateistan” qui, après avoir créé les premiers skatepark et école de skate en Afganisthan (2009) continue son action d’éducation à travers le sport au Cambodge. Ethiques et originales, ces montures trouveront sans doute une belle place sous le sapin!

–  Leïla Rölli 

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Écrit par Leïla

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