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Leïla en vert et contre tout: l’enfer des Maldives

Par ces températures sibériennes, je pense que personne ne s’opposera à un petit voyage en plein océan indien! Le temps d’une chronique je vous propose donc de nous rendre aux Maldives, où sable blanc et soleil réconfortant réchaufferont nos petits organismes meurtris par l’hiver. Au beau milieu de l’Océan Indien, à quelques 450km au sud de l’Inde se trouvent les 1199 îles qui forment les Maldives. Ce n’est un secret pour personne, avec 80% de ses terres situées à une altitude de moins d’1m au dessus du niveau de la mer et le problèmes du réchauffement climatique, les heures de l’archipel sont comptées.

Vous savez comment ça fonctionne: le réchauffement de la planète entraine la fonte de la banquise et la montée des eaux qui en découle. Actuellement, le niveau des mers s’élève de 3mm par an et si le rythme s’accélère, comme on peut le prévoir, avant 2100, les Maldives seront englouties par les eaux claires qu’on leur envie. Evidemment, le gouvernement essaie de sensibiliser le reste du monde à sa cause. En novembre 2009, les Maldives avaient créé le buzz en faisant siéger son conseil des ministres sous l’eau vous pouvez en voir le résultat surprenant dans cette vidéo

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Mais quoi de plus normal, lorsqu’on se trouve si justement sous l’épée de Damoclès? D’ailleurs, en parlant d’épée et d’eau, en 2011, les maldiviens ont frappé un grand coup en se lançant dans la course à l’énergie solaire. Le danger direct, ça aide à avoir de bonnes idées et, surtout, à les appliquer rapidement. Afin de limiter sa production de CO2, le pays s’est engagé à produire 60% de son énergie grâce au soleil d’ici 2020, et ce, sans en augmenter les prix!

Petite infos bonus: les Maldives ne sont pas les seules à avoir eu cette brillante idée. Pour la modique somme de 7,5 millions de dollars, le petit archipel de Tokelau en Polynésie est devenu le premier à vivre du solaire à 100% en septembre dernier. En plus de réduire les émissions de gaz carbonique, l’initiative financée par les Nouvelle-Zélande permet de se passer de génératrices diesel qui fuient et polluent l’environnement.

Mais revenons à nos Maldives et à leur avenir utopique d’avoir les pieds au sec grâce à des centaines de panneaux solaires qui brillent, brillants comme un diamant, comme le dit si bien Rihanna. Lorsqu’on connait l’envers du décor, le coup de l’énergie solaire revient à vaporiser du “Brise Ocean” dans les toilettes d’un camp de ski en pleine épidémie de gastro. Car les Maldives ont un gros souci de transit… le tourisme! Chaque année, le pays est visité par 700’000 individus en mal de mélanine, alors qu’il n’y a que 395’000 maldiviens, on frise l’occlusion!

Evidemment, le tourisme est indispensable à la bonne santé économique du pays (30% du PIB), mais en même temps, il appauvrit les fonds marins, car le vacancier aime à se régaler de poiscaille après avoir joué du harpon toute la journée et produit des montagnes de déchets. Entre emballages de glaces et tube de crème solaire, ce sont plus de 330 tonnes de déchets qui sont générées par jour! (On peut compter 3,5kg par individu et par jour, indigènes compris). Et ces détritus, il faut bien les mettre à quelque part pour préserver ses paysages de carte postale.

Savez vous quelle a été la solution trouvée par les Maldives? Une île poubelle!

En 1992, l’île de Thilafushi a été transformée en dépotoir. 7km de long, 200m de large exclusivement destinés à stocker les rejets de l’activité humaine. Au début on se donnait la peine d’ensevelir les déchets, mais l’arrivage journalier est tel qu’à l’heure actuelle, on se contente de décharger les cales des paquebots-poubelle sans aucun tri préalable. Incroyable, mais pourtant vrai, il y a tellement d’ordure, que l’île grandit d’un mètre carré par jour.

Un esprit simple aura vite l’idée d’utiliser cette matière pour surélever les îles et se préserver de la montée des eaux, mais dans ces ordures on trouve des substances toxiques comme de l’amiante, du mercure, des huiles ou des métaux lourds qui polluent la mer, bousillent la faune et menacent la santé des éboueurs, 150 pauvres diables émigrés du Bangladesh qui vivent sur l’île pestilentielle, seuls volontaires pour effectuer la besogne. Le président actuel, Mohamed Nasheed, en place depuis 2008, tente desepérement de changer la situation. Il a même créé deux entreprises publiques destinées au traitement des ordures,  (elle doivent déjà trier le métaux recyclable et les envoyer en Inde qui les rachète 175$ la tonne). Mais l’urgence de la montée des eaux et les lenteurs administratives font que pour le moment rien ne bouge vraiment.

Si l’île poubelle vous interpelle, je vous propose de visionner ce documentaire aussi triste qu’intéressant. Et pour sauver les Maldives, partez en vacances dans les Alpes Suisses!

–  Leïla Rölli

Écrit par Leïla

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