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Leïla en vert et contre tout: Fuck For Forest!

Aujourd’hui nous allons aborder un sujet un peu sulfureux qu’il ne faudra pas mettre devant tous les regards. Lorsqu’on imagine un hippie, on voit un personnage marginal, un peu perché, avec de longs cheveux, une tunique en lin, une paire d’Air Jesus aux pieds, qui passe son temps à déclamer des vers aux pâquerettes… Pas loin du cliché, Léona et Tommy sont des hippies, mais des hippies d’un nouveau genre. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le slogan Peace & Love, faites l’amour, pas la guerre,  ces deux norvégiens en ont fait une religion. L’amour, il savent le faire, tant et si bien que c’en est devenu leur activité principale. Avez-vous déjà entendu parler d’éco-porn?

Et oui, ces deux militants très concernés par la déforestation ne savaient pas trop comment s’y prendre pour défendre la forêt amazonienne, convaincus que les associations actuelles font beaucoup de bruit pour peu de résultats. Leur vient alors une idée invraisemblable, filmer leurs ébats pour récolter des fonds destinés à sauver la planète.  En 2004, le couple décide de joindre l’utile à l’agréable et crée une ONG liée à un site pornographique, Fuck For Forest, dont les bénéfices sont utilisés pour acheter des parcelles en Amazonie.

Seul hic, la pornographie est interdite en Norvège, pays d’origine de Léona et Tommy, et après s’être livrés à des ébats sur scène lors d’un concert du groupe de Heavy Metal, les Cumshots (ça ne s’invente pas), ils sont partis s’établir à Berlin pour s’adonner à leur activité en toute légalité… Un joli coup de pub en guise d’adieu à la patrie qui leur aura valu popularité et procès… procès lors duquel Tommy n’a pas hésité à montrer ses attributs afin de faire couler encore un peu plus d’encre.

Le site, qu’on appellera pudiquement FFF (à ne pas confondre avec la Fluo Flash Fun ou la Fédération Française de Football), est une plateforme érotique qui fonctionne par abonnement. Selon la quantité de contenu qu’il souhaite visionner, l’internaute s’acquitte d’une somme allant de 12 à 80€ par mois pour accéder au site. Après une belle expansion de leur notoriété, l’argent récolté sert aujourd’hui à financer des projets en Equateur, au Brésil, au Costa Rica, au Pérou ou encore en Slovaquie.

Les deux fondateurs expliquent que, je cite: “Le sexe est souvent utilisé pour nous inciter à acheter toutes sortes de produits ou d’idées de merde, alors pourquoi pas l’utiliser pour une bonne cause?” Et ça fonctionne! Ils ont déjà récolté plus de 100’000$ grâce aux vidéos et photos mises en ligne. En plus c’est participatif, chacun est libre de se mettre en scène et d’enrichir le contenu du site… mises en scène champêtres fortement recommandées. Et pour ceux qui ont un dégout de la chair et/ou des dreads, mais qui souhaitent encourager cette ONG, il est aussi possible d’acheter des t-shirts de soutien.

Malheureusement, au vu de l’étrangeté de la démarche, plusieurs associations refusent d’être associées à l’ONG Fuck For Forest. Pourtant lorsqu’on sait que chaque seconde 28’258 nouvelles personnes se connectent à des sites pornographique et dépensent plus de 3 millions de dollars, le marché est pour le moins… juteux (statistiques à découvrir dans une intéressante infographie, ici).

Mais tout n’est pas si rose dans le porno vert. Le réalisateur polonais Michel Marczak, qui sort un documentaire à leur propos cette semaine en Grande Bretagne, en fait le constat. Sans autre motivation que la curiosité, Marczak a voulu montrer l’envers du décor de l’association. Derrière les manifestations, les fêtes berlinoises et le nudisme chronique, il y a, semble-t-il quelques tensions et beaucoup de désorganisation. Evidemment un hippie refuse d’imposer des règles et lorsqu’on a une compta a tenir et des associés, il vaut mieux être discipliné. Après le mariage entre porno et flower power, il serait peut-être temps de faire ménage à 3 avec le capitalisme. Une manière de s’assurer d’avoir les bourses pleines.

–  Leïla Rölli

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Écrit par Leïla

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