in

« Les monologues de l’escarpin »: Tod’s (Polacchino)

Inutile de me le répéter, tout est contre moi. Cinquième de la bande je figure de justesse sur les doigts d’une main. Ou d’un pied devrais-je dire. Talon subtil, jugé dérisoire par mes consoeurs précédemment présentées dans cette chronique portant le doux nom de “monologues de l’escarpin.” Mais que c’est réducteur!!! Tellement réducteur… L’escarpin est-il seul garant d’une démarche féminine assurée? Ah vraiment?! Laisse-moi rire et me présenter: ni bride, sangle, broderie, ni raffinement ni sucrerie, mon physique est des plus discrets. Héritier malgré moi d’une lignée que même ma plume réfute. Tod’s. Tod’s… et alors?… J’ai tout pour te surprendre! Un je-ne-sais-quoi de puissamment ancré dans l’air du temps. Une teinte parfaitement adaptée aux chaleurs subites d’un été arrivé sur le tard, aux douceurs incertaines d’un automne à venir. Une ligne simple, directe et efficace. C’est là que réside ma force: point besoin d’apparats, de codes féminins sur-affirmés, je te charme par ma véracité et ma douceur. Une féminité toute en retenue, pleinement contemporaine.
Cinquième de la bande? Certainement, mais à coup sûr, pilier de la bande…

Écrit par Aude

“Un garçon parfait”, d’Alain Claude Sulzer

“The Imitation Game”, l’étrange destin d’un scenario prometteur