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Ma Berlinale 2014 – Day 2


9h00. Je profite d’un meeting pour prendre mon petit déjeuner. L’avantage d’avoir la bouche pleine de muesli, c’est qu’il suffit de hocher la tête et votre interlocuteur parle à votre place. Mais soudainement, quelque chose me coupe l’appétit. La vue de ce coulis de fruits rouges et sa consistance visqueuse me rappellent une scène que j’aurais préféré ne jamais voir. Une jeune femme qui mord dans la tête d’une grenouille avant de partager un baiser sanglant avec son amant. Ça y est. J’ai la nausée.


“Thou wast mild and lovely” est le genre de film qu’on préfère oublier, mais qu’on n’arrive pas à se sortir de la tête. Un peu comme une relation qui a mal tourné. Je ressens une sorte de malaise pendant le film. Certains quittent la salle. Les plus braves restent. Pour ma part, je pense que je suis tellement choquée que je n’arrive pas à décoller mes yeux de l’écran. Ça avait l’air banal pourtant, l’homme marié qui succombe aux charmes d’une jeune fleur sauvage, alors qu’il travaille temporairement pour un fermier. Elle, qui explore les sensations; lui, qui découvre la tentation. On est en pleine nature. Et en pleine nature humaine aussi. Le focus est manié habilement, tantôt on voit tout, tantôt on est dans le trouble complet. Et plus on se rapproche des personnages, plus on s’éloigne de ce qu’ils sont vraiment: Des monstres. Josephine Decker: bravo.

– Myriam Roelli

Écrit par Myriam

Omega: deux éditions (ultra) limitées sinon rien

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