in

Australia Fashion Week : la découverte

Il y a tout juste une semaine, la Mercedes Fashion Week australienne débutait à Sydney. Moins connue du grand public que le quartet de tête – New York, Milan, Londres, Paris – la Fashion Week australienne existe pourtant depuis une vingtaine d’années.

Pas moins de 72 designers ont présenté durant 4 jours leur collection printemps/été 2014-15. Eh oui, hémisphère sud oblige, le rythme des saisons est en décalage par rapport au calendrier fashion que l’on connaît. Parmi ces 72 designers, bon nombre sont des stylistes expérimentés. Il y a également une grande partie – environ 40 – qui sont de jeunes créateurs. Zoom sur les grosses pointures de la mode australienne, mais aussi sur des nouveaux talents émergents.

Carla Zampatti

Les festivités ont commencé par le défilé de Carla Zampatti. Après plus de 49 ans dans l’industrie de la mode australienne, il va de soi que cet honneur lui revenait.

Cette italo-australienne, crée sa première collection en Australie en 1965. Depuis, elle est à la tête d’une des plus grandes maisons de couture du pays, avec plus de 30 boutiques. Avant-gardiste, elle fut la première en Australie, à inclure des maillots de bains dans ses collections en 1973. Carla Zampatti a également développé, dans les années 80, sa ligne de lunettes suivie de son parfum. Son sens du commerce a joué un grand rôle dans sa notoriété.

Pour la saison printemps/été 2014, la collection présentée comprend beaucoup de robes de soirée au look minimal et coupes parfaites. Toutes les pièces sont monochromes, mais on joue avec les textures, organza et broderies se mêlent à la soie. Le défilé débute avec du noir puis du blanc avant de voir les premières touches de couleur apparaître, un jaune lime et un beau bleu cobalt. Décolletés plongeants, fentes sur les côtés ou dos nu, la collection dévoile avec pudeur une femme moderne et forte.

Alex Perry

Autre grande figure de la mode australienne, Alex Perry a participé à la toute première Fashion Week en 1995 en présentant sa ligne Haute Couture. En 2004, il crée  sa première collection de Prêt-à-Porter, suivie de « Alex Perry Accessories » en 2006, et finalement sa ligne de mariage en 2008.

Alexandra Ambrosio

Pour l’ouverture de son défilé, Alex Perry a frappé un grand coup en faisant défiler Alessandra Ambrosio, un ange de Victoria Secrets. La collection comprend beaucoup robes qui étaient soit mini, soit très fendues. Au niveau de la palette de couleurs, il y a beaucoup de bleu, de noir, de blanc et quelques touches de rose ou de jaune. Alex Perry a intégré ces différents coloris avec des formes très géométriques mais a aussi joué avec des contrastes de matières. Notamment de l’incrustation de dentelle ou de cuir, que l’on retrouve aussi en total look. Une collection prête à habiller les célébrités, socialites ou l’australienne lambda.

Dion Lee Line II

Dion Lee Line II est la petite sœur de la ligne principale du couturier Dion Lee. Plus portable et plus abordable, cette nouvelle ligne défile depuis 2011. Ce créateur est reconnu pour ses lignes architecturales et ses coupes précises et élégantes, mais aussi pour un certain dualisme dans son travail. Il aime assembler des éléments opposés : un tissu fluide avec du jeans, du classique avec du moderne ou encore de l’uni avec de l’imprimé. Toutes ces caractéristiques se retrouvent dans sa dernière collection.

Michael Lo Sordo

Parmi les jeunes créateurs qui commencent à faire leur place, Lo Sordo, enfant du pays, a su se démarquer. Lancé en 2008, il a rapidement convaincu la sphère fashion grâce à son travail de la laine, ses coupes élégantes et son minimalisme romantique.

Dans sa dernière collection, les modèles sont très éthérés. Il joue avec les superpositions et l’asymétrie pour rendre ses silhouettes légères et subtilement floues.

Le choix des matières et des couleurs pastels viennent appuyer le côté vaporeux des vêtements. On aime tout particulièrement la nonchalance des trenchs noués à la taille, ou d’une épaule qui se découvre. Une fausse négligence bien étudiée qui fait le succès de cette collection.

Alice McCall

Avec cette collection printemps/été 2014, Alice McCall célèbre sa première décennie dans l’industrie de la mode. Ses pièces se vendent aujourd’hui dans plus de 160 enseignes à travers le monde.

On retrouve les imprimés, qui constituent la signature du label, dans sa dernière collection « In my dreams we are flying ». Cette saison, ils sont très réalistes et se baladent entre visuels antiques et mondes célestes. Alice McCall  ponctue ses pièces très colorées par des robes fluides aux couleurs plus timorées, mais rendues tout aussi intéressantes, grâce au travail des empiècements ajourés et au jeu de transparence. Une belle collection, amusante, bohème et sexy, qui nous invite au pays des rêves.

***

Vous avouerez qu’avec son grand berceau de créateurs, la Fashion Week Australienne n’a pas à se sentir complexée. Elle semble même avoir toutes les cartes en main pour rivaliser avec ses « grandes sœurs ».

Néanmoins, bien que la présence de deux mannequins connues, Alessandra Ambrosio et l’australienne Julia Nobis ait fait écho jusqu’à nos contrées, cet événement ne jouit pas d’une couverture médiatique suffisante par nos médias occidentaux.

Et puisque ce continent lointain peine à arriver jusqu’à nous, je ne peux que vous conseiller d’enfiler votre chapeau d’explorateur, et partir à sa découverte, telle une James Cook de la mode.

– Clémence Rouvinet

Écrit par Clemence

Swarovski Crystalline: la famille s’agrandit

“Expo 58”, de Jonathan Coe