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Mission ART BASEL 2014 pour JSBG: c’est parti!

Commençons par un petit brin d’histoire pour vous mettre en contexte…

1970, trois galeristes bâlois se lancent dans un projet visionnaire pour l’époque, ils s’appellent Ernst Beyeler (dont la collection devint la Fondation Beyeler), Trudi Bruckner et Balz Hilt. Le succès est au rendez-vous dès la première édition avec 90 galeries, 30 éditeurs, provenant de 10 pays différents et 16’300 visiteurs au compteur. À la sixième édition, la foire a déjà atteint sa taille d’aujourd’hui avec quelque 300 galeries (et alors 37’000 visiteurs, versus les 70’000 visiteurs de 2013). Les sections Art Film (1999), Art Unlimited (2000), Art Parcours (2010) démontrent la dynamique de croissance qui continue d’animer la foire. Enfin 2013, Art Basel devient effectivement « mondiale », en annexant pour la première année l’Asie : Art Basel se décline désormais en Art Basel Basel, Art Basel Miami (en décembre) et Art Basel Hong Kong (qui précède Bâle et de mai en 2014 se déplace à mars en 2015).

Et Art Basel semble bien ne pas avoir fini de donner le ton et de développer des projets ambitieux dans ses trois rendez-vous annuels. Pour sa 45e édition, la foire de Bâle annonce 285 galeries pour sa section principale (Galleries), provenant de 34 pays et couvrant cinq continents. La section « Art Statements », réservée aux galeries émergentes, gagne en ampleur et visibilité en se déplaçant dans la Halle 2, l’un des emplacements les plus convoités de l’exposition – eh oui, attention, on ne parle pas de foire mais d’exposition à Art Basel, car en étant l’incontournable lieu de rencontre de toutes les personnalités les plus influentes du monde de l’art contemporain – galeristes, collectionneurs, directeurs de musées et autres conservateurs et commissaires, artistes et critiques d’art – on prétend à plus qu’un simple rendez-vous commercial!

[youtube_sc url=”https://www.youtube.com/watch?v=22jw3_PcRBk”]

Pour l’équipe de JSBG, le marathon commençait ce début de semaine avec les previews de Liste, de la section « Art Unlimited » et le premier jour VIP de la section « Galleries », avant le vernissage aujourd’hui et l’ouverture publique de Art Parcours par une Parcours Night….voici nos premières impressions à chaud!

Globalement, je n’aurai qu’un mot : retour aux valeurs sûres et à l’essentiel (pour ne pas dire au minimalisme) ! Les œuvres historiques s’imposent à « Art Unlimited » avec Steel Peneplain (1982) de Carl André, la patiente reconstitution par les galeries Sprüth Magers et Konrad Fischer de Kinder Dieser Welt /Children of the World (1990-1996) de Hanne Darboven, oeuvre unissant le système mathématique élaboré par l’artiste et son don pour la musique en une oeuvre conçue au lendemain de la chute du mur de Berlin et porteuse de l’espoir d’alors pour un avenir meilleur ; dans cette succession de pièces « historiques », je pourrais encore vous citer Richard Long (figure majeure du Land Art, Bruce Nauman (pionnier de l’art vidéo), Michelangelo Pistoletto (notamment lié à l’ Arte Povera… et je ne suis pas exhaustive.

[The Show Must Go On, de Jack Pierson]

Une autre dimension incontournable d’Unlimited 2014 : la quatrième dimension ! La rencontre entre l’art et les sciences, et les nouvelles technologies, est définitivement au rendez-vous avec le prototype pour un satellite non fonctionnel, étoile filante moderne, de l’artiste américain Trevor Paglen qui vous accueille dans la « cour d’entrée » d’Unlimited, ou avec l’installation d’Harun Farocki qui vous immerge dans trente ans d’évolution de graphisme virtuel (pour les connaisseurs, références à Assassin’s Creed ou à Grand Theft Auto notamment) – parce que nous vivons dans un monde d’images virtuelles et que cette esthétique façonne notre conception de la réalité. Mais encore avec Unidisplay de Carsten Nicolai – différents modules, qui sont autant de transcriptions graphiques de différentes unités de mesures, vous projettent dans une autre dimension de la perception – ou le film 35mm de Melvin Moti, The Eightfold Dot, vous invitant à une nouvelle contemplation de la quatrième dimension !

Et pour terminer ce bref passage en revue d’Unlimited 2014, deux clins d’oeil de la rédaction : à l’installation de Laure Prouvost, la première française à avoir remporté le Turner Prize – le prix le plus prestigieux attribué à un artiste contemporain, qui se décerne chaque année en décembre à Londres – et à l’installation vidéo poétique, à l’esthétique vintage, d’Alex Prager avec « A Face in the Crowd »…parce que nous sommes plus qu’un individu ou une somme d’individus !

[Visuel d’Alex Pranger, Face in the Crowd, 2013]

Dans les sections « Conversation » et « Salon » (Hall 1), je vous recommande quelques rendez-vous à insérer dans votre agenda de visite : vendredi 20 juin à 10:00, commencez votre journée par la rencontre entre William Forsythe, grand danseur et chorégraphe, Xavier Leroy, danseur et chorégraphe, Isabel Lewis, danseuse, artiste et curatrice, Yve Laris Cohen, artiste et chorégraphe, une discussion emmenée par l’incontournable Hans-Ulrich Obrist – qui est décidément omniprésent à Bâle pour cette édition et non seulement, puisqu’il est également le commissaire de l’exposition Gerhard Richter à la Fondation Beyeler !

Et si vous avez choisi dimanche pour votre visite bâloise, deux rencontres au Salon semblent prometteuses : à 15h autour de la révolte du langage de l’artiste Marcel Broodthears – avec Marie-Puck Broodthaers, éditeure de Marcel Broodthaers, l’excellent Jan Verwoert, critique et curateur, et Søren Grammel, directeur du Museum für Gegenwartskunst de Bâle – et à 16h autour de Lucio Fontana, avec notamment le commissaire de l’actuelle rétrospective parisienne dont nous vous parlions ici au début du mois de mai.

Et on vous retrouve demain pour la suite des incontournables moments d’Art Basel 2014!

 – Carole Haensler Huguet

[Installation de Laure Prouvost]

Écrit par Carole

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