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Histoires de peaux

 

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Pour ma première chronique, j’aurais adoré vous présenter des trucs légers, colorés, estivaux, quoi. Et puis voilà que la météo plus un séjour à Zermatt m’ont collé des envies de peau de mouton. Là-haut, c’est pas compliqué, dès qu’on s’arrête à une buvette d’alpage (Stafelalp, ci-dessus) ou un restau d’altitude (tous ultra design, soit dit en passant), tak, on se retrouve sur une peau de mouton. Ou éventuellement de vache. Et je dois reconnaître que, quand il fait un brin frisquet, ça le fait.

Bref, je suis descendue de ma montagne en me disant que l’altitude m’a tapé sur le ciboulot, non mais ça va pas, on va pas causer peaux de bêtes en août, ou bien?

Eames Plastic Armchair RAR © Vitra

(Eames Plastic Armchair, photo ©Vitra)

Une fois en plaine, je raconte ça à une copine… qui me répond que c’est pas une petite manie perso, mais carrément une tendance, rapport au fait que non seulement y a du style chalet partout cet automne, qu’on est juste en avance, tiens, comme l’automne, justement. Et d’ailleurs elle vient d’acheter des peaux de mouton chez Ikea histoire d’habiller ses chaises Eames qui lui faisaient pitié à grelotter comme ça toutes nues dans les courants d’air. Le Suédois, qui semble avoir flairé la tendance, vient de scier le prix des peaux en question.

J’avoue que rhabillé comme ça, son Eames Plastic Armchair à bascule avait une allure assez dingue. Mais perso, j’en suis toujours à me demander s’il faut mettre des trucs morts chez soi. OK, on peut faire un tri, histoire de ne pas se la jouer psychorigide: disons que le mouton et la vache, ok, parce qu’on les mange, pourquoi ne pas s’asseoir dedans. Mais les gentilles petites bestioles dont il faut occire 150 exemplaires pour faire un pouf à aiguilles, niet. Et vous, vous en pensez quoi, vous, des peaux de bêtes à la maison? Vous mettriez ce genre de trucs chez vous?

– Sylvie Ulmann, La Page Blue SAMSUNG CSC (Chez Vrony, Zermatt)

Écrit par Sylvie

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Bienvenue à Sylvie Ulmann, notre nouvelle chroniqueuse design