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Festival Images de Vevey : zoom sur Sébastien Kohler

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Sur les rives du lac Léman, face au majestueux paysage de la Riviera, le festival d’arts visuels Images de Vevey propose depuis plusieurs années une exposition en plein air qui habille l’espace urbain, ainsi qu’un grand nombre de manifestations en divers lieux de la région. Il présente également les travaux des lauréats du Grand Prix international de la photographie de Vevey, l’un des plus anciens prix du continent. En 2012, le festival attirait près de 80’000 visiteurs et offrait au public 60 événements dédiés à l’image. L’édition 2014, qui ouvrira ses portes le 13 septembre et dont le programme est désormais annoncé, devrait assurément connaître le même succès.

bba051_f55fb0a5d24741f1a2cc2c2f798b5be9.png_srz_530_736_75_22_0.50_1.20_0.00_png_srzParmi les nombreux artistes exposés, Sébastien Kohler, photographe et musicien lausannois, nous donnera rendez-vous avec la troublante Dita PumpKins, à l’espace culturel Décal’Quai de Montreux. Créature fantasmée, Dita va et vient dans l’esprit et le travail de son auteur. Fixant ses apparitions, captant son regard, l’artiste décline son portrait dans une atmosphère qui évoque l’univers des cabarets parisiens de la fin du XIXe siècle. Car c’est le collodion humide que le photographe a choisi comme technique de prédilection. Née en 1850, cette dernière a été remise au goût du jour depuis quelques années, grâce aux travaux de Sally Mann puis de Quinn Jacobson. Elle nécessite la maîtrise du procédé chimique, de la chambre photographique, du temps de pose. Un cheminement complexe et long, à l’opposé des applications mobiles en vogue qui ont remis cette esthétique photographique au goût du jour, faisant oublier que la vraie photographie est tout aussi bien une technique qu’un art.

Autodidacte, travailleur acharné, Sébastien Kohler ne triche pas, lui. Il réalise actuellement beaucoup de portraits aux regards puissants et à la gamme infinie de gris (à découvrir sur son site : www.sebkohler.com). Par cette technique et la netteté qu’elle induit, le photographe met en valeur les imperfections, les grains de peau, les marques du temps : ceux-ci même que l’on gomme habituellement à coup de logiciels, l’artiste les sublime. Avec un temps de pose allant d’au moins sept secondes jusqu’à une minute en comptant la mise au point et la photographie, le collodion interdit les sourires factices. Ces visages d’aujourd’hui immortalisés avec une technique d’hier provoquent chez le spectateur une vraie réflexion : la modernité des modèles d’une part, le rendu ancien de l’autre. Et entre deux, une universalité centrée sur l’instant et l’authenticité.

Après avoir découvert Dita PumpKins, ne manquez pas de prolonger votre séjour sur la Riviera en vous baladant dans les rues de Vevey, au gré des images. Le musée suisse de l’appareil photographique, situé au cœur de la ville, prolongera votre rencontre avec la technique utilisée par Sébastien Kohler. Des prémices du XIXe siècle, aux performances technologiques du XXIe siècle, l’institution retrace le quotidien des photographes à l’aide d’une scénographie audacieuse et de nombreuses installations interactives.

Septembre rime donc avec photographie du côté de la Riviera. Il vous reste un petit mois pour concocter votre programme!

– Virginie GalbariniCultissime.ch

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Informations pratiques:

Sébastien Kohler, Dita PumpKins

13 septembre-5 octobre 2014

Espace culturel Décal’Quai Gare CFF, Montreux

www.sebkohler.com

www.decalquai.ch

Musée suisse de l’appareil photographique

Grande Place, Vevey

www.cameramuseum.ch

******** Kohler_Sébastien_01_web-1134x1417 Photo 1 : Cindy Sherman, Façade BCV, Festival Images 2012 © Sébastien Devrient.

Photo 2 : Sébastien Kohler, Spanish Lullaby. Photo publiée avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Écrit par jsbg

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