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Paléo 2018 : Top 3 des pépites musicales

Eddy De Pretto, PalÈo Festival Nyon 2018

L’affiche 2018 du Paléo Festival avait de quoi allécher les plus férus de musique non conventionnelle. Mettant ainsi de côté les têtes d’affiche et grosses productions (sans les dénigrer pour autant), nous nous sommes penchés sur les artistes qui se font actuellement une place dans le monde musical de par leurs sonorités et paroles disons… moins commerciales et plus authentiques. Car c’est bien là une des forces du Paléo Festival que de dénicher les petites pépites atypiques, les stars montantes, les artistes qui sont des créateurs d’art en puissance. Ces musiciens qui nous percutent l’âme et le cœur, parfois même les tripes ! Parmi les groupes proposés tout au long de la semaine, trois d’entre eux ont retenu notre attention. Et notre souffle. 

Vendredi sur Mer surfe sur la vague

Charité bien ordonnée commence par soi-même: la Suisse est dans la place. Charline Mignot, vingt-trois ans, elle est du crû, elle est d’ici ! Genevoise d’origine, la jeune femme s’en est allée vivre à Paris où elle a exercé le métier de photographe. Bien sympa, mais sans grande conviction. Il lui manquait ce petit truc qui pétille dans le ventre, cette flamme qui nous embrase quand on réalise une chose qui nous plait. Et c’est pourtant par hasard, ou choix du destin, que l’un de ses shootings photo la mène à composer un titre. Son premier titre. Il lui fallait une bande-son pour son montage photo. Et voici que CE titre est repéré. Elle signe rapidement avec le label Profil de Face. Telle une Christine & The Queens, elle apporte une touche électro bien particulière à cette pop française qui a le vent en poupe. Voix sensuelle, murmurée, envoûtante. Paroles françaises scandées sur un flow électro, tantôt pop, tantôt chic. Vendredi sur Mer claque, frappe avec une musique à l’esthétique 80’s. Son EP « Marée Basse » séduit Paris, et ici, notre belle Suisse romande. Elle s’y produit à La Parenthèse durant le festival les Hivernales. « Il est frustrant de ne pas chanter plus souvent dans sa région natale », confesse-t-elle. Mais Charline, cela viendra. Te voilà déjà à Paléo, sous le Club Tent, qui est plein à craquer. Le public connait même les paroles de tes chansons ! Sur la scène de la plaine de l’Asse, l’artiste est accompagnée d’un danseur et d’une danseuse. Et d’un pédalier qu’elle utilise pour démarrer ses titres. Tout est chorégraphié, tel une pièce de théâtre. Ses textes, presque autobiographiques selon elle, s’inspirent de musique de films, d’une époque où les chansons d’amour étaient aussi tristes que sensuelles. On comprend mieux son pouvoir de séduction. 2019 verra la sortie de son premier album. Et d’ici-à, Vendredi-sur-Mer aimerait réaliser ses prochains clips, les imaginant tels des courts-métrages. Au vu de sa créativité, aucun souci à se faire quant au succès à venir !

Charlotte Cardin, le coup de coeur !

Du haut de ses vingt-trois ans, la jeune montréalaise, originaire du Québec, a séduit un public puissamment accroché à ses lèvres, extasiés par ses paroles et de son charisme. Ayant très vite été sur le devant de la scène, nous la sentons à l’aise, en harmonie avec son public. Déjà en primaire, elle était à la tête du groupe de rock de l’école ! Le chant, le jeu de scène, ça la connait. Bien qu’à ses quinze ans elle entame une carrière de mannequin, avec quelques apparitions dans des pages publicitaires à la télévision, c’est la musique qui la gouverne, et qu’elle continue tout en faisant des études en communication. Et voilà qu’en 2013, elle arrive au top 3 de la première saison de La Voix, version québécoise de The Voice. Les choses deviennent alors sérieuses. Garou, figure canadienne ayant percé à l’international, l’invite pour le duo Du vent, des mots sur son album Au milieu de ma vie et l’encourage à aller plus loin. Direction la France, pour The Voice où elle interprète cette chanson en duo, sous les yeux de son protecteur. Quelques années et de nombreux concerts plus tard, la voici flèche montante à l’international, avec deux EP à son actif (Big Boy en 2016 et Main Girl en 2017). Cette année, ce sont deux titres qui légitiment tout son talent, Go Flex et California. L’auteure-compositrice-interprète a mis aisément à ses genoux le public du Paléo Festival avec sa musique tantôt électro-pop, tantôt soul teintée de hip-hop et de RnB. Sa classe et beauté naturelle n’ont rendu sa voix que plus envoûtante encore. 

Charlotte-Cardin-mardi-17

Eddy de Pretto, Paris représente !

Le petit prodige parolier était pourtant prévu sur la scène du Détour, pouvant accueillir 3000 spectateurs. C’est ce qui était planifié lors de sa signature avec le Paléo Festival en septembre 2017. Mais voilà qu’en quelques mois, c’est le succès fulgurant pour ce jeune homme de vingt-cinq ans, originaire de la banlieue parisienne. Branle-bas de combat, il est hors de question de le laisser à cette scène, trop petite, selon Jacques Monnier, programmateur du festival. Le buzz médiatique au sujet d’Eddy de Pretto et l’attente certaine du public risquait d’amener bien plus de spectateurs que la capacité que le Détour peut accueillir. Ainsi, direction Les Arches, où le jour-J près de 15’000 personnes sont venues l’admirer sur scène. Juste choix ! Sous un soleil de plomb, le public observe et accompagne le chanteur habillé d’un pantalon militaire remonté jusqu’au nombril, recouvert de hautes chaussettes blanches, et d’une casquette apposée en diagonale au sommet de son crâne. Eddy de Pretto est au sommet de la vague. Nouvelle révélation française grâce à sa pépite « Kid », de l’album éponyme, Eddy de Pretto peut être gracieusement catalogué comme un génie des mots. Il les travaille, torture, réinvente et les use pour relever les problèmes de la société, pointer du doigts les sujets sensibles, tels que l’homophobie, ou encore ce comportement extrême qu’il considère comme étant la « virilité abusive ». Sensible, il partage ses maux de cœur, ses blessures d’âme, le tout sur une musique qui vague entre le hip-hop et la variété française. Avec Random, premier titre de son futur premier album Cure, le parolier démontre tout son art, accompagné de sa tchatche et son côté minimaliste, iPhone en main servant de bande instrumentale et d’un batteur, seul accompagnement lorsqu’il est en concert. En guise de décor, qu’on ne se casse pas la tête, un faux mur métallique fera l’affaire. Ça claque ! Simple et efficace, Eddy de Pretto va droit au but, et le public du Paléo Festival aime ça !

– Isabelle Guignet

Eddy De Pretto, PalÈo Festival 2018

Photos © Paléo & Laurine Mottet

Écrit par jsbg

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